Le Club de soccer Phénix des Rivières de Québec n’est pas une école, mais son programme adapté a participé au volet scolaire du Défi sportif AlterGo 5 fois depuis 2018.
Marie-Michèle Thériault, la responsable du volet soccer adapté de ce club nous a expliqué comment c’est arrivé et pourquoi c’est important pour ses jeunes de vivre des expériences comme celle-là.
Un quart de siècle de soccer inclusif
Le volet adapté du Club de soccer Phénix des Rivières célèbre cette année ses 25 ans. Il a été fondé en 2000. Et il reste encore aujourd’hui unique en son genre dans la grande région de Québec.
« Dans notre club, on accepte tous les joueurs. On ne peut pas les mettre en catégories, parce qu’on est le seul club de la Capitale-Nationale et même de la Rive-Sud. Tous les joueurs jouent ensemble. Ils peuvent jouer avec des joueurs de 25 ans, c’est correct. Ils sont habitués de jouer ensemble, peu importe l’âge », explique Marie-Michèle Thériault.
Son groupe de soccer est principalement composé de jeunes qui ont un trouble du spectre de l’autisme et/ou une déficience intellectuelle. Mais elle a aussi des joueurs qui ont une trisomie 21 ou une déficience motrice. Des jeunes et des moins jeunes aussi.
Des compétitions et des rencontres
En 2017, Marie-Michèle s’est fait demander par des parents de former un groupe junior et de l’amener au Défi sportif AlterGo.
La participation à l’événement a une importance particulière pour ces jeunes qui, souvent, fréquentent des classes régulières et n’ont pas nécessairement des cours d’éducation physique et ne pourraient pas participer au volet scolaire autrement, selon Marie-Michète.
« Ils aiment ça avoir une compétition, rencontrer d’autres jeunes. »
En 2018, elle a demandé à l’équipe d’organisation de l’événement si son groupe pouvait prendre part au volet scolaire même s’il venait d’un club sportif et non d’une école. Ça a été possible!
Le Club Phénix des Rivières est venu ensuite en 2019, 2024 et 2025. Il participe pour la 5e fois cette année. Et ce, avec deux groupes, car, pour la première fois Marie-Michèle amène un groupe de secondaire.
« J’allais à des salons de sport adapté à Québec et les parents étaient surpris d’apprendre qu’on existait. On avait plus d’inscriptions d’adolescents et d’adolescentes. Donc je voulais vraiment amener un groupe du secondaire. »
Si c’était important pour Marie-Michèle d’amener plus de jeunes, c’est parce qu’ils vivent au Défi sportif AlterGo des expériences qu’ils ne vivent pas ailleurs.
« Ce n’est pas une compétition pour une compétition. Même s’ils ne reviennent pas avec une médaille, ce n’est pas grave. »
Marie-Michèle confirme que, pour ses groupes, c’est une expérience marquante de jouer contre des équipes qu’ils ne connaissent pas, comme dans une vraie compétition.
Et, bien sûr, avec l’ambiance festive, la haie d’honneur, la cérémonie d’ouverture et la zone d’animation, c’est aussi une belle journée pour les jeunes.
Former des athlètes mentors
On peut l’imaginer, amener des groupes de jeunes de Québec pour une journée de compétition à Montréal demande beaucoup d’organisation. Surtout que Marie-Michèle est la seule responsable de ses groupes.
Heureusement, elle peut compter sur la présence de parents, mais aussi sur le soutien d’athlètes mentors qu’elle entraîne à la soutenir avec les plus jeunes ou les nouveaux membres de l’équipe.
C’est une façon de faire apprise en se formant, en suivant des webinaires entre autres avec Olympiques Spéciaux.
« J’ai des athlètes comme ça que j’entraîne depuis longtemps ou même des fois moins longtemps, mais qui ont la capacité et le potentiel à aider les autres avec leurs apprentissages. C’est sûr que moi, ça me demande un peu plus de travail, parce qu’il faut que je les encadre, je ne les laisse pas tous seuls là-dedans. »
Mais ça lui permet aussi depuis d’avoir de l’aide pour coacher les plus jeunes athlètes ou de la soutenir quand elle coordonne des activités pour faire découvrir les sports adaptés à Québec.
Et ça donne certainement à ces athlètes mentors un sentiment d’accomplissement.
Un vrai esprit d’inclusion
Marie-Michèle connait bien l’important du sport adapté. Ses deux fils ont un handicap physique et ils ont tous les deux fait du parasport : basketball en fauteuil roulant et boccia.
Avec le volet adapté de Phénix des Rivières, Marie-Michèle incarne l’esprit d’inclusion qui lui est cher, tout comme il est cher au Défi sportif AlterGo.
« J’avais un jeune avec un déambulateur. J’ai demandé au Défi sportif AlterGo s’il pouvait jouer et ils ont dit oui, ici c’est l’inclusion. Nous aussi, c’est ça qu’on fait l’inclusion. On accepte tout le monde », conclut-elle.
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