Crédit photo : Martyn Hayhow/AFP/Getty Images
La 23e édition des Jeux du Commonwealth s’est terminée récemment, à Glasgow, en Écosse, après avoir présenté 215 épreuves dans 10 sports, incluant 47 épreuves réservées aux les disciplines parasportives.
En effet, les Jeux du Commonwealth ont la particularité d’être le plus grand événement sportif à réunir les épreuves destinées aux athlètes avec et sans handicap. C’est-à-dire que durant la durée de l’événement, l’ensemble des athlètes se côtoient, logent ensemble et que chaque jour, tant des épreuves para que non-para sont tenues les unes après les autres sans distinction.
C’est sans contredit une belle façon de faire rayonner l’inclusion et de montrer à plus de spectateurs et spectatrices que les parasports sont tout aussi intéressants.
Une évolution depuis plus de 30 ans
Il y a des épreuves de parasport présentées depuis plus de 30 ans aux Jeux du Commonwealth, un événement qui est tenu aux 4 ans depuis près de 100 ans, mais au début, c’était fait de façon bien différente.
Aux Jeux d’Auckland (Nouvelle-Zélande), en 1990, des épreuves de parasport étaient présentées en démonstration pour la toute première fois.
Récemment, notre porte-parole Chantal Petitclerc, qui a pris part à ces Jeux, racontait à Keven Breton, de Radio-Canada, que cette année-là, l’expérience était loin d’être inclusive : les para-athlètes logeaient dans un centre de réadaptation plutôt qu’avec l’équipe canadienne et les athlètes de para-athlétisme se sont vu interdire l’accès à la piste pour l’entraînement.
Heureusement, les choses ont évolué quand même rapidement après ça. 12 ans plus tard, aux Jeux du Commonwealth de 2002 à Manchester (Grande-Bretagne), le parasport a officiellement intégré la compétition au même titre que les autres sports : les para-athlètes font depuis partie de leur équipe nationale et leurs médailles comptent dans le même total.
C’est dans ce contexte que Chantal Petitclerc, alors 4 fois championne paralympique, a remporté une victoire historique à la course 800 m en fauteuil roulant devant un stade plein, un samedi soir où se tenaient également plusieurs grandes épreuves de sprint. Cette victoire était grandement significative : elle montrait comment la place du parasport avait évolué, comment les para-athlètes pouvaient être mis à l’avant-scène et offrir des performances sportives enlevantes.
Un modèle à adopter?
Combiner les épreuves, les athlètes et les médailles est une belle façon d’amener
Ça normalise le sport adapté et montre comment ces épreuves sont tout aussi intéressantes, que le niveau est élevé et que les athlètes ont un talent impressionnant.
Et tout ça contribue à faire évoluer les perceptions sur les personnes en situation de handicap.
C’est aussi une occasion pour l’ensemble des athlètes de se côtoyer, d’apprendre les uns des autres et de s’intéresser à comment chacun et chacune pratique son sport.
Toutefois, ce n’est pas non plus une solution parfaite. Selon un rapport canadien, combiner les épreuves de sport et de parasport peut mener à un manque d’inclusion des athlètes qui ont des handicaps plus sévères et, donc, de plus grands besoins d’adaptation.
C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle il n’est pas nécessairement préférable que toutes les compétitions de grande envergure adoptent la même façon de faire que les Jeux du Commonwealth.
Il y a, selon Andrew Parsons le président du Comité international paralympique, encore un besoin de tenir les Jeux paralympiques de façon séparée des Jeux olympiques : combiner les deux serait très compliqué logistiquement et pourrait diminuer l’impact et la visibilité des Paralympiques.
Les dernières éditions des Jeux paralympiques ont eu une diffusion plus large ainsi que plus de spectateurs et de spectatrices que jamais. Cela offre une plateforme importante pour la représentation du parasport et de ces athlètes. Et il faut que ça continue.
Différentes façons de représenter donnent la meilleure représentation
Bref, tant les Jeux du Commonwealth, avec leurs épreuves inclusives, que les Jeux paralympiques, avec leur plateforme majeure, offrent une façon de faire nécessaire pour améliorer la visibilité des sports adaptés et de ses athlètes.
Éventuellement, peut-être que des épreuves para pourront être ajoutées aux Jeux paralympiques, mais d’ici là, on espère continuer de voir des nombres records d’athlètes, de sports et de médailles para aux Jeux du Commonwealth, dont la prochaine édition, qui marquera le centenaire de l’événement, doit se tenir dans 4 ans à Ahmedabad, en Inde.
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