« J’apprécie cette confiance-là de me redemander d’être ambassadeur après plusieurs années. On continue, on est encore là, on a des rides un peu, on grisonne aussi, mais le cœur est toujours là. »
Carl Marquis a été athlète ambassadeur du Défi sportif AlterGo pour la première fois il y a environ 20 ans, quand il était un athlète d’élite en para-athlétisme.
Sur l’affiche de l’édition 2005 de l’événement, on peut le voir en action accompagné de coéquipières et coéquipiers avec qui il a passé plus d’une décennie à voyager et compétitionner partout dans le monde.
« C’est le fun de voir ça, je vois des comparses qui ne sont plus de ce monde, d’autres que ça fait longtemps que je n’ai pas vus. »
Quelques années plus tard, après s’être dévoué à la course en fauteuil roulant 11 mois sur 12 et 6 jours sur 7 pendant plus d’une décennie, Carl a pris sa retraite, sans arrêter le sport pour autant. L’athlète qui carbure à la compétition s’est retrouvé dans le curling, sport qui le passionne depuis aujourd’hui 17 ans.
Un sport inattendu
C’est Lyne Tremblay, athlète paralympique en tir à l’arc et à la carabine, qui a invité Carl à un événement de curling en fauteuil roulant, dont l’objectif était de mettre en place une équipe de ce sport au Québec, alors la seule province qui n’en avait pas.
Il va sans dire que Carl n’était pas trop enthousiaste à l’idée d’en apprendre plus sur le curling en fauteuil roulant. « J’ai dit à Lyne, le curling c’est plate, tu regardes ça à la télé puis tu t’endors là-dessus. »
Il s’est tout de même rendu à la présentation et a été étonné, lorsqu’il est embarqué sur la glace, de tester un sport passionnant.
« On a fait un premier lancer, un deuxième lancer et wow. C’est un jeu d’échecs sur glace, fait que ça m’a comme challengé. C’est zéro cardio. Ça prend de la force musculaire, mais ça, je l’avais déjà. Et tu sais, comme gars qui a des enfants, avec sa job, qui essaie de caser des pratiques dans son emploi du temps, le curling ça me permettait de continuer le sport et de rester à l’affût de la compétition. »
Il faut dire que le sport revêt une importance particulière pour Carl Marquis qui considère que la communauté sportive est l’une des meilleures façons d’élever quelqu’un.
« D’après moi, le sport c’est plus fort que l’école, l’éducation sportive c’est un des éléments indéniables à la réussite de tout être sur cette Terre. Succès, défaite, esprit d’équipe, entraide, coaching. Les gens qui n’ont pas connu le sport à leur première défaite, des fois ils n’en reviennent pas. Par le sport, quand tu vis une défaite, c’est pour mieux grandir, mieux t’équiper, mieux t’outiller. Il y a de grandes leçons de vie dans le sport. »
Des moments inoubliables
Le sport a joué un rôle important dans la vie de Carl, après l’accident de ski qui l’a rendu paraplégique alors qu’il était âgé de 15 ans.
Il s’est rapidement retrouvé à s’entraîner à la course en fauteuil roulant avec certains des meilleurs athlètes et entraîneurs au Québec, dont André Viger et Jean Laroche. Sa famille l’a également suivie dans ses aventures en para-athlétisme qui l’ont mené partout autour du monde, contente de le voir s’épanouir dans le sport.
Ainsi, Carl a vécu de moments inoubliables. Un record du monde établi aux 36e Jeux internationaux de Stoke Mandeville en Angleterre, une victoire contre le Mexicain Saúl Mendoza en 1995 et, bien sûr, une médaille de bronze aux Jeux paralympiques d’Atlanta en 1996 au relais 4 x 400 m.
« Deux crevaisons, mais on a quand même gagné la médaille de bronze, ce qui était phénoménal parce qu’on avait un retard à rattraper. Colin Mathieson et Marc Quessy ont eu une crevaison, donc Jeffrey Adams et moi, on courrait après le pack. On a réussi à les rattraper à la toute dernière minute », raconte Carl sur ce moment marquant.
Il a remporté plusieurs autres médailles dans des championnats et participé à deux autres Jeux paralympiques, ceux de Sydney en 2000 et ceux d’Athènes en 2004.
Maintenant, Carl reste actif comme athlète, tant au niveau provincial que national. Son équipe et lui ont remporté plusieurs médailles lors de leurs participations au Championnat canadien de curling en fauteuil roulant.
Lorsqu’on lui a parlé, Carl revenait d’ailleurs victorieux des Championnats provinciaux 2026 avec l’équipe de Magog, dont il est le capitaine.
« Comme capitaine de l’équipe, j’ai le rôle de rassembler les idées, la stratégie d’accompagner, d’être un partenaire au coach pour trouver des solutions avec les athlètes qui ont peut-être une difficulté avec certains éléments du sport. »
Le Championnat canadien au Défi sportif AlterGo
Un autre rôle que Carl a joué pour son sport est celui d’amener le Championnat canadien de curling en fauteuil roulant au Québec et au Défi sportif AlterGo.
« J’ai appelé Maxime [Gagnon, PDG d’AlterGo], je lui ai dit que j’étais rendu dans un nouveau sport et qu’on se promenait partout au Canada pour faire des championnats canadiens, il me semblait que c’est dans les cordes du Défi sportif AlterGo de recevoir ça. »
C’était en 2011. En 2012, Maxime Gagnon et l’équipe du Défi sportif AlterGo sont allés à Ottawa assister au Championnat national qui s’y tenait. Puis, en 2013, la compétition majeure se tenait à Boucherville pour la première fois.
Cela était une grande fierté pour Carl.
« Oui, on était la nouvelle province qui se joignait au curling en fauteuil roulant, mais en plus on était capable de recevoir de façon grandiose. Le Défi sportif AlterGo, c’est gros, c’est énorme comme événement. Les autres provinces nous regardaient et disaient wow il se passe de quoi au Québec, c’est gros. »
Depuis, le Championnat canadien s’est tenu au Défi sportif AlterGo à plusieurs occasions, au grand plaisir de Carl Marquis, qui adore l’événement.
« Moi dans ma carrière d’athlétisme, je me suis promené partout sur la planète, mais quand j’ai eu la chance de faire mes performances à Montréal devant mes proches, ma famille et mes amis, dans le cadre du Défi sportif AlterGo, enfin, c’était magique parce que pour moi, le Défi sportif AlterGo, c’est aussi gros que les Olympiques. »
Carl considère d’ailleurs l’événement très important pour les jeunes athlètes qui souhaitent se développer dans le parasport et faire carrière.
« C’est la raison d’être du Défi sportif AlterGo, c’est la possibilité pour les gens qui pensent que les Paralympiques c’est intouchable, de pouvoir faire des compétitions au sein de cet événement-là, un pas à la fois, une étape à la fois pour pouvoir gravir les échelons. C’est tellement une belle porte d’entrée. »
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