« Pour être bon au parahockey, il faut avoir de la détermination, parce que tout le monde est différent et tu ne peux pas te fier sur personne d’autre pour savoir comment toi tu dois jouer. »
De la détermination, Éloic Constantineau n’en manque pas. Âgé de 16 ans, il joue au parahockey depuis 4 ans au poste d’attaquant et fait partie de plusieurs équipes, dont le Rocket de Laval et l’équipe Québec junior.
En 2025, il a été l’un des deux récipiendaires de la bourse du programme Fondation Le But qui vise à encourager la poursuite des études tout en pratiquant le sport. Il a également pris part au tournoi des meilleurs espoirs juniors du Québec contre les meilleurs espoirs juniors de l’Ontario.
Bien qu’Éloic a la maladie de Charcot-Marie-Tooth qui lui cause des faiblesses motrices aux membres et affecte sa force de préhension, sa motricité et son équilibre, ses parents et lui n’ont jamais considéré qu’il était limité dans ce qu’il peut faire. Éloic s’adapte constamment et ne se laisse pas arrêter.
« Je pense que ce dont je suis le plus fier, c’est ce que je me débrouille toujours pour essayer de faire tout ce que les autres font, même si je suis différent. Fait que tout le monde ne me voit pas différemment parce que je me suis toujours dit que j’étais capable de tout faire ça. Je ne veux pas qu’on me prenne en pitié ou quelque chose comme ça. »
Le hockey accessible
Éloic a commencé à jouer au hockey debout dès son jeune âge. Mais, alors que les années passaient et que le niveau augmentait, ça devenait plus difficile pour lui de suivre.
Lorsqu’il avait 12 ans, sa mère a découvert la page Facebook de Parahockey Montréal qui invitait les joueurs potentiels à participer à Première Présence NH/AJLNH, un programme qui aide les jeunes à découvrir et s’initier au hockey ou au parahockey de façon accessible, abordable et positive.
Éloic est allé essayer, a vraiment aimé ça et a continué.
« Ça n’a pas été difficile de passer du hockey debout au parahockey, c’était juste mieux parce que j’étais enfin capable de suivre le jeu et de pouvoir être un bon joueur. »
Pour aider Éloic à progresser dans son nouveau sport, un système particulier pour ses gants et ses bâtons, composé d’attaches et de velcro, a été conçu. Ce système lui permet de tenir ses bâtons assez solidement pour avancer et faire des lancers.
Il montre aussi que le parahockey, tout comme de nombreux parasports, peut être adapté à différents types de limitation et différents niveaux de capacité motrice, afin que tout le monde puisse jouer.
Jouer en équipe
Pour Éloic, la découverte d’une version du sport qu’il aime dans laquelle il pouvait s’épanouir n’est pas venue seule.
« J’ai rencontré beaucoup d’amis, puis ça m’a vraiment étonné parce que tu remarques que tu n’es pas tout seul [avec une limitation motrice]. Puis, quand tu es plusieurs, avec plein de personnes comme toi, on se donne des trucs pour mieux réussir à faire tout ce qu’on fait tous les jours. Ça devient tes amis. »
Avec ses coéquipiers et amis, Éloic s’entraîne aujourd’hui 2 fois par semaine en plus de prendre part à 1 ou 2 tournois chaque mois. Il peut compter sur le soutien de sa famille là-dedans ainsi que celui de ses entraîneurs.
« Les coachs sont toujours là, c’est toujours de bonnes personnes et ils sont toujours là pour nous aider quand on a besoin. »
Ce soutien est non-négligeable pour un jeune qui participe à autant de tournois et qui doit souvent voyager hors de la province ou même du pays pour compétitionner.
Il y a deux ans, Éloic et son équipe ont voyagé à Détroit au Michigan pour un tournoi. Ils vont également souvent en Ontario. Quand on a parlé au jeune homme, il était d’ailleurs à quelques jours de partir à London pour un autre tournoi.
Ces expériences-là, Éloic les apprécie, surtout pour l’esprit d’équipe qu’elles lui font vivre.
« Ce que j’aime quand tu pars en tournoi en voyageant, c’est que tu vas dans un hôtel avec tes amis et donc tu es dans l’esprit d’équipe toute la journée. »
Car oui, Éloic est compétitif, mais pour lui, l’esprit d’équipe reste plus important.
« Je n’aime pas quand les joueurs sont trop individuels », souligne-t-il.
La passion du sport
Passionné de sport, Éloic rêve de devenir commentateur sportif à la télévision, un domaine qui l’intéresse vraiment.
En lui parlant, c’est quelque chose qu’on peut très bien imaginer. Éloic est un adolescent avec beaucoup d’entregent, ouvert, allumé et intéressé. Sa passion du sport est évidente.
C’est d’ailleurs pourquoi ce médaillé d’or du tournoi junior de parahockey du Défi sportif AlterGo est un excellent ambassadeur, non seulement de l’événement, mais aussi du parasport en général.
D’ailleurs il encourage les jeunes ayant une limitation fonctionnelle de ne pas avoir peur d’essayer le sport.
« Ça ne peut pas être pire que de ne rien faire, parce que c’est sûr que tu vas trouver quelque chose que tu aimes, peu importe le sport, parce que tout peut être adapté aux besoins de chaque personne et tout le monde peut jouer », conclut-il.
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