« Pour moi, c’est un défi à relever. Une de mes collègues de classe a déjà été athlète ambassadrice pour le Défi sportif AlterGo et je trouvais ça intéressant, j’aimais ça quand elle m’expliquait ce qu’elle faisait. Je me suis dit que j’étais capable d’en arriver là. »
Lors de l’édition 2025 du Défi sportif AlterGo, Chloé Pelland Lambert est venue se présenter à l’équipe de l’événement pour se proposer comme athlète ambassadrice pour la prochaine édition.
Il va sans dire que sa motivation, ses qualités d’oratrice et sa détermination nous ont charmées et que c’est avec plaisir qu’on lui a demandé de remplir ce rôle en 2026. D’autant plus que c’est son dernier Défi sportif AlterGo comme participante au volet scolaire, puisque la jeune femme de 21 ans va obtenir son diplôme d’études secondaires cette année.
La jeune femme qui est non-voyante depuis la naissance a participé à de nombreuses éditions du Défi sportif AlterGo. Elle est très contente de pouvoir jouer un rôle plus important pour cette édition spéciale et éventuellement d’être un modèle pour d’autres jeunes.
« Je suis contente de représenter mon école, de pouvoir un peu expliquer ce que je fais dans ma vie courante, de parler de moi et de dire ce que ça représente le Défi sportif AlterGo. »
Rester active et donner son maximum
Pour Chloé, le Défi sportif AlterGo, c’est avant tout une belle motivation pour rester active et faire du sport.
« Je n’ai plus de cours d’éducation physique à l’école, donc j’aime que le Défi sportif AlterGo me motive à m’entraîner pour faire de la course. »
La course, c’est une des épreuves d’athlétisme auxquelles Chloé prendra part cette année pour sa dernière participation, avec le lancer du poids et le saut en longueur sans élan. Mais au courant des années, son sport préféré a été la natation.
« Avoir fait la compétition de natation c’est un de mes plus beaux souvenirs, parce que j’aime ça aller dans la piscine. »
Pour faire de la course, Chloé utilise une corde avec un témoin qui la guide sur la piste. C’est l’une des options pour les personnes ayant une limitation visuelle qui prennent part aux compétitions de course, l’autre est d’avoir une corde avec une personne qui guide.
Et bien que Chloé ait déjà gagné 2 ou 3 médailles lors de ses participations au volet scolaire, ce n’est pas le plus important pour elle.
« Je suis une fille compétitive, mais j’essaie de faire attention, de faire la part des choses. Si je ne remporte pas de médaille, j’étais là au moins pour participer et pour donner mon maximum. »
Cette année, elle se plaît aussi de savoir qu’elle pourra jouer son rôle d’ambassadrice en prenant part à une de ses parties préférées de l’événement.
« Juste de savoir que moi je peux participer à la cérémonie d’ouverture, ça me fait un petit quelque chose de plus. J’aime les cérémonies. »
La jeune femme planifie d’ailleurs participer à chacune des 5 cérémonies d’ouverture du volet scolaire qui seront présentées au Complexe sportif Claude-Robillard du 27 avril au 1er mai.
Se préparer pour l’emploi
Chloé va terminer cette année son parcours scolaire à l’école Jacques-Ouellette de Longueuil, une école spécialisée pour les jeunes en situation de handicap visuel.
Si elle n’a plus de cours d’éducation physique, c’est que Chloé est maintenant une élève du programme de formation axé sur l’emploi de son école, le Centre de formation d’entreprise de récupération (CFER).
Ce programme permet aux jeunes de se développer au sein de l’entreprise-école et de se préparer au milieu du travail en réalisant différents types de tâches. Ensuite, les enseignantes dirigent les jeunes vers des stages externes qui sont adaptés à leurs compétences.
« On est formés à l’emploi, on effectue des stages externes, puis à ces stages externes, après, ils peuvent décider de nous embaucher ou non. »
Chloé fait son stage chez Les cuisiniers différents, un service de traiteur qui offre des services entre autres à des résidences pour personnes âgées et à des écoles tout en employant des personnes qui ont une limitation visuelle ou intellectuelle par exemple.
« J’aime cuisiner, puis je fais également du service à la clientèle sur place. Ça, ça veut dire que je suis installée devant mon ordi dans un bureau et que c’est moi qui réserve les commandes. »
Ça tombe bien, parce que Chloé aime aussi l’informatique et tout ce qui touche à la technologie.
Après avoir gradué, son projet est d’aller travailler dans cette entreprise d’économie sociale.
Ne pas s’empêcher de faire du sport
Quand on lui demande ce dont elle est le plus fière, Chloé répond simplement : « je suis fière de relever plusieurs défis cette année, incluant celui d’être athlète ambassadrice pour le Défi sportif AlterGo. »
Pour elle, c’est important qu’on organise l’événement chaque année, pour que les jeunes en situation de handicap puissent avoir cette motivation à faire du sport.
« Moi je dirais, ce n’est pas parce que tu as un handicap x que tu peux t’empêcher de faire du sport. »
Et plus encore, « ce n’est pas parce qu’on est non-voyants qu’on s’empêche de vivre. On est capable de faire plusieurs choses, d’accomplir des projets, de relever des défis. On y va à notre rythme. »
C’est exactement comme ça que Chloé vit sa vie.
« Il y a des gens, des fois, qui me disent : comment tu vas faire? Tu ne seras pas capable. Mais moi je dis non, je suis capable de me surpasser comme je suis capable de faire du sport », conclut Chloé.
Découvrir les portes-paroles, athlètes ambassadeurs et athlètes ambassadrices du 43e Défi sportif Altergo
Alison Levine – Le sport m’a donné ma vie
Éloic Constantineau – Capable de tout faire

