Ce dimanche, un véritable moment historique se déroulait au Défi sportif AlterGo : les Western Lights sont devenues les premières médaillées d’or du tout premier Championnat canadien féminin de rugby en fauteuil roulant.
Toute la fin de semaine, les matchs ont été très serrés et le niveau tout aussi compétitif entre les trois équipes qui participaient à cette première compétition en son genre jamais organisée.
Mais, hors du terrain, on ressentait un vrai esprit de camaraderie et de convivialité entre les joueuses. Outre la compétition sportive, ces athlètes étaient particulièrement fières de se retrouver pour vivre un jalon majeur dans le développement de leur sport.
Une vague d’émotion pour le chemin parcouru
« Quand on a commencé en 2023, on était peut-être 8 filles qui étaient actives régulièrement, puis là, en 2026, dans mon chat, j’en ai 23 et 21 ici en fin de semaine. Je trouve ça beau », explique l’athlète ambassadrice du 43e Défi sportif AlterGo et joueuse de rugby en fauteuil roulant Mélanie Labelle.
L’athlète raconte, émue, comment il y a un an, un premier camp d’entraînement féminin a été organisé. Ensuite, l’équipe a décidé de faire un calendrier d’événements, sans toutefois envisager la possibilité d’un Championnat national.
L’idée de développer le volet féminin du rugby en fauteuil roulant est venue à Mélanie à force de remarquer que les occasions pour les athlètes féminines se faisaient rares.
« Je me rendais compte que j’étais la seule femme au sein de l’équipe nationale, mais au camp d’entraînement, il y en avait plusieurs. Et je me demandais c’était quoi leurs opportunités à elles d’évoluer? Il n’y en avait pas beaucoup. »
Et ce, même s’il y a des mesures mises en place pour encourager la participation des athlètes femmes sur le terrain, comme l’explique Erika Schmutz, la première femme à avoir gagné une médaille paralympique de rugby en fauteuil roulant au sein de l’équipe canadienne en 2008.
« Même s’il y a des avantages pour quand il y a une femme sur le terrain, les athlètes féminines n’ont quand même pas de temps de jeu, elles ne jouent pas quand c’est important. La seule façon qu’on va développer le volet féminin, c’est en ayant une division féminine. »
Erika est toujours compétitive, oui, mais ce n’est pas ce qu’il l’a amenée à revenir dans le monde du rugby en fauteuil roulant féminin.
« Honnêtement, de voir 3 équipes de femmes fantastiques jouer les unes contre les autres, je suis bouleversée… c’est pour ça que je suis revenue, que je suis ici. Parce que c’est vraiment significatif et je vois ce que ça veut dire pour elles. Et pour les pousser, pour continuer à avancer, elles veulent le faire et je veux être là avec elles et les aider. »
Une collaboration appréciée
Selon Mélanie, la volonté est là du côté des athlètes, mais le manque de financement est toujours un frein à la tenue de compétitions majeures.
C’est l’un des prochains grands chantiers sur lequel doit se pencher l’équipe, majoritairement bénévole, qui tient à bout de bras le programme féminin canadien de rugby en fauteuil roulant.
Voilà pourquoi l’engagement du Défi sportif AlterGo, qui a accepté de collaborer au projet d’organiser le premier Championnat canadien féminin de rugby en fauteuil roulant, a été grandement apprécié des athlètes.
« Comme je viens du Québec, que ça soit à Montréal, c’est vraiment important, puis la collaboration qu’on commence avec le Défi sportif AlterGo, ce n’est pas quelque chose qu’on veut arrêter, c’est quelque chose qu’on veut bâtir année après année », explique Mélanie.
Erika ressent également beaucoup de gratitude envers l’événement.
« Le fait qu’ils aient été là pour nous quand nous en avions le plus besoin, qu’ils nous aient accueillies, ça aura toujours une grande importance pour nous. »
Vers des premiers Jeux paralympiques
Le Championnat canadien féminin est une première étape vers le but ultime : l’entrée du rugby en fauteuil roulant féminin aux Jeux paralympiques.
Et, avec la tenue du premier Championnat international féminin à Paris en décembre 2026, ça semble possible d’entrevoir une première compétition paralympique du sport aux Jeux de Brisbane en 2032.
« Est-ce que c’est trop tôt? Je ne sais pas, l’objectif est là. Est-ce qu’on travaille vers ça? Oui. Est-ce qu’on veut y arriver? Oui. Est-ce qu’on voit de la croissance dans les autres pays? Oui! Alors, on va voir », affirme Mélanie.
D’ici là, le tout premier Championnat canadien féminin de rugby en fauteuil roulant derrière elles, les athlètes retourneront à la maison au sein de leurs équipes locales mixtes respectives. « Les opportunités sont maintenant là. On ajoute à leur agenda une place pour apprendre, à leur rythme, ensemble », conclut Mélanie.
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Tout part d’ici pour le photographe Serge Olivier

